Âme-Carpe

Comme un parapluie lumineux, j’ai porté ma naïveté
Le long des jours pluvieux et des froides traversées
Derrière ses persiennes, mon Ombre me soufflait
Une valse lointaine, un paysage rêvé
 
Alors, je suis partie sur la Colline de l’été
  Au milieu des herbes folles, trois marches de pierres chauffées

 Pas d’épée à retirer, juste respirer 
Jusqu’à atteindre la tige verte de la sérénité 
Vieilles pierres tombales aux noms effacés 
Ruines qui se dilatent dans l’œil du ciel bleu 
Même la mort ne veut pas de l’éternité 
Des roses fleuriront de nos cheveux 
Pensées d’adieux, poussières sauvages 
La terre et les arbres ruminent la même sève 
Et les hommes ne comprennent toujours pas le langage de leurs rêves 
Quelle voix écouter ? 
Quelle carte à abattre ? 
J’ai lancé une nouvelle pièce dans la Fontaine aux miracles 
Et j’ai jeté les cendres de mes cœurs anciens 
Sur un radeau de lin 
 
Qu’ils s’en aillent 
Le long du Fleuve des Moulins à sourires… 
 
Il me tarde d’apprendre à vieillir 
     
 K.L

 

 

Idylles Chlorophylles


A la lisière de la lumière des feuilles 
Au creux de l’air 
Une porte-souche à ouvrir 
A la brume de l’instant 
S’allonger sur un lit de lierres 
Au fond du bois dormant 
Attendre le baiser du soleil 
Plus éternel que celui d’un Prince 
Et s’éveiller au cœur 
De la source de la sève et du sang 
Là, où chantent les écorces et les os 
Vibration de velours qui serpente 
Le long des mousses 
Apaise mon corps fait de terre, de grès 
Et de gouttes d’azur 
Douce licorne, qui perce l’air 
Des réflexions chlorophylles 
Et entend les mille-voix des pétales 
Tu te superposes à mon front, 
Et voilà que je prends racine 
Avec mes oreilles de faon… 

K.L


Hiver Oz 

Dans la chambre du silence, la forêt cache le vert,
Le vert et les cendres des rêves révolus
Un cocon de nuit ramasse nos ailes repliées
Le gel craque nos absences
Hiver,
Voici ton traineau d’os lunaires,
Tu m’offres un collier de givre, Sous la Pleine Lune de la Louve
Et son cri est un poème sauvage
Un tunnel vers les étoiles
Frisson,
Tu m’emmènes dans le souffle des neiges bleues
Là où le calme sculpte des sages aux yeux de cristal
 Ils savent lire les runes cosmiques
Qu’il y a sur la surface de tous les crânes
Oz,
Dans son manteau blanc, le papillon a disparu
Hiver détient la clef froide de l’évasion
Il a tricoté l’eau en flocons

   K.L
 

 
 
 

L’heure bleue

 
Quand le lac de cristal
résonne
Mi fugue, mi raison
Au milieu, juste
le La lové
Au creux de ma plaine intérieure
Y déposer une graine
d'orange vive
Finir la boucle
Et affuter mon cil de louve
pour toutes les saisons...

K.L